Une petite visite chez Lucien (récit de mon passage au Cook Master Barrière)

Deuxième concours mais pas des moindres, le Cook Master Barrière : trois pâtissiers amateurs s’affrontent en cuisine pour présenter une recette qu’ils ont créée dans le but de la voir inscrite à la carte des desserts de tous les hôtels du groupe Barrière. (Je vous avais dit que c’était pas rien !)

C’est donc chargée d’espoir, après avoir passé le cap des sélections et des votes des internautes, que je me suis rendue à l’hôtel Fouquet’s le dimanche 16 novembre 2014 après-midi.

La préparation technique était faite : dessert reproduit deux fois, réalisé dans les temps, toutes les étapes de la recette en tête et le résultat des dégustations était plutôt positif :) Simplement une petite appréhension concernant ma capacité d’adaptation au matériel disponible sur place… Après tout, on sera tous dans les mêmes conditions, on verra bien.

En ce qui concerne la préparation psychologique, on ne peut pas dire qu’elle ait vraiment posé de soucis… En gros, il fallait que je me prépare à :

  • Passer la nuit dans l’un des plus grands hôtels parisiens.
  • Y dîner en la compagnie de personnes partageant les mêmes centres d’intérêts que moi.
  • Pâtisser dans des cuisines équipées de tout le matériel dont n’importe quel cuisinier amateur pourrait rêver.
  • Rencontrer un jury exceptionnel composé de très grands noms de la pâtisserie française et accessoirement de quelques célébrités.

Non franchement, quand tout le monde m’a souhaité bon courage à mon départ, je me suis demandé si je leur avais vraiment bien expliqué l’aventure qui m’attendait.

La soirée à l’hôtel, la veille de l’épreuve, a vraiment été géniale ! La preuve en images :

Arrivée à l’hôtel, je confie mes clefs au voiturier et je suis très chaleureusement accueillie par le chef pâtissier du Fouquet’s en personne, Monsieur Claude Ducrozet et par toute l’équipe qui supervise le Cook Master Barrière. En gros, minimum 6 personnes pour entourer, guider, encadrer, chouchouter 3 candidats ;-)

Je rencontre également mes deux compères, Coralie (Gourmet et gourmand) qui vient de Nancy et Adrien qui habite près d’Annecy. On peut dire qu’on est sur la même longueur d’onde, on vient tous pour passer un bon moment et c’est plutôt bon signe, la soirée commence très bien :-)

On nous accompagne dans nos chambres, grand luxe bien entendu, 5 étoiles obligent !

Ensuite, visite de l’hôtel : le salon de la suite présidentielle fait la superficie de ma maison, le dressing à lui seul pourrait contenir l’ensemble de tous mes meubles, je ne parle même pas de la taille de la cabine de douche dans laquelle j’aurais pu me perdre.

Puis cocktail au bar, réalisé par Stéphane Ginouvès le meilleur ouvrier de France barman, s’il vous plaît !

Pendant ce temps, chacun de nous trois s’éclipse quelques minutes pour être interviewé.

Enfin, un somptueux dîner à La maison de Nicole en compagnie de toute l’équipe mais aussi de Barbara, la gagnante de l’édition CMB 2013 et de deux membres du jury, messieurs Gandon (chef exécutif des cuisines du Majestic à Cannes) et Mothu (chef exécutif Deauville).

23h30, retour dans les chambres, maintenant il va falloir se reposer parce que demain, les choses sérieuses commencent. Bon ça c’était en théorie… En vrai je n’ai quasiment pas dormi de la nuit mais je vous rassure, les lits étaient très confortables.

6h30, réveil.

7h, rendez-vous pour le petit déjeuner dont j’aurais vraiment bien aimé pouvoir profiter (le buffet était grandiose) mais c’était sans compter sur l’horrible nœud qui me tordait l’estomac :S C’est à ce moment-là que j’ai compris que l’allais peut-être finalement avoir besoin de courage ;)

Ensuite, le rythme a commencé à s’accélérer.

On a commencé par visiter les cuisines, faire le tour de notre plan de travail pour vérifier que tous les ingrédients et ustensiles étaient bien là et sans même quasiment avoir le temps de dire ouf, le départ était lancé.

C’est parti !

Je commence par mettre mes demi-sphères de coulis à congeler, je continue avec ma crème anglaise au champagne pour finalement attaquer les macarons. Sauf qu’il fallait bien que les ennuis commencent, c’était trop facile… Ma meringue est vraiment très, TRÈS ferme, j’ai beau travailler mon appareil, j’ai l’impression que rien ne peut l’assouplir, par contre mes biceps commencent vraiment à ramollir eux ! Je décide de pocher les macarons malgré mes doutes… En y repensant maintenant je me dis que j’ai été trop bête mais, sur le moment, je n’ai pas vu les risques que je prenais en faisant ça…

C’est donc, non sans difficultés, que j’arrive à pocher un pauvre macaron plein de bourrelets (autant vous dire qu’à ce stade, l’état de mes biceps était assez proche de celui de bouillie prémâchée…). J’essaye de taper ma plaque (qui, soit dit en passant, était en fonte et devait peser pas loin de 10kg) pour que le macaron s’étale un peu mais sans succès, il ne bouge pas d’un nanomètre… Je prends donc la décision de vider ma poche pour travailler de nouveau mon appareil et là c’est l’enchainement des galères :( En résumé, j’arrive à assouplir ma pâte que je répartis dans une nouvelle poche sauf que toutes ces manœuvres m’ont fait perdre beaucoup de matière et je n’arrive qu’à sortir 7 coques contre 8 obligatoires… Et me voilà donc repartie dans la préparation d’un nouvel appareil : retamisage, repesage, remeringage, remacaronnage, gaspillage (de temps et d’énergie !) et bien sûr stressage ;-p

Et c’est là que je remercie les chefs de nous avoir aidés et soutenus comme ils l’ont fait.

Au final, ne me demandez pas comment, mais j’ai réussi à sortir mes 4 desserts identiques dans le temps imparti et ça c’est déjà une belle victoire !

A partir de ce moment-là, j’ai eu l’impression de vivre tout ce qui a suivi comme une spectatrice, comme si mon esprit était détaché du reste de mon corps. Un nuage de journalistes, photographes, jurés et autres personnes a envahi les cuisines. Très vite on a abandonné nos desserts pour remonter dans les salons de l’hôtel, faire une interview à chaud, serrer des mains, poser pour des photos… et puis est arrivée l’heure de la dégustation…

Les jurés ont goûté à chacun de nos desserts, d’abord le passionnément coco de Coralie puis le dôme de chocolat d’Adrien et pour finir mon macaron.

Les délibérations n’ont duré qu’une dizaine de minutes. A peine le temps de boire une gorgée d’eau et on se tenait de nouveau tous les trois face au jury. Oui mais cette fois, l’ambiance détendue et chaleureuse qu’on avait connue depuis la veille avait laissé place à une certaine tension palpable des deux côtés.

Le couperet n’a pas mis trop de temps à tomber, Adrien finissait 3ème parce qu’on lui reprochait de s’être lancé dans une recette beaucoup trop ambitieuse. Coralie remportait l’épreuve parce qu’elle avait tenu sa promesse d’un dessert frais et fruité. Et enfin mon macaron décrochait la deuxième place. Il a plu au jury mais n’a pas fait le poids face à une recette qui selon-moi était plus élaborée et plus travaillée. Coralie mérite véritablement cette victoire et je souhaite beaucoup de succès à son dessert dans les restaurants du groupe Barrière.

Quand il a fallu remballer toutes mes affaires, je me suis rendue compte à quel point j’étais déçue, une porte s’est ouverte à moi et je l’ai laissée se refermer. Je m’en veux de ne pas avoir proposé une recette plus recherchée comme j’aime à me les imaginer dans les moindres détails et à les élaborer mais tous ces regrets sont inutiles et ils sont liés à la frustration de la deuxième place.

Je suis fière de MON macaron qui a une part de ma personnalité et de mes origines, je l’ai emmené loin et l’ai partagé avec des personnes fantastiques.

J’ai vécu une nouvelle expérience inoubliable. J’ai été très chaleureusement accueillie et chouchoutée dans l’un des plus grands hôtels de Paris. J’ai rencontré des gens formidables comme mes deux partenaires et le chef Claude Ducrozet. J’ai gagné un repas au Diane avec mon amoureux et pour finir, j’ai pu constater combien j’étais soutenue par un nombre à chaque fois plus important de personnes (plus ou moins proches) et c’est tout ça qui m’encourage à donner toujours un peu plus de mon temps et de mon énergie à poursuivre ce que je fais.

Merci à tous ceux qui m’ont permis de vivre cette expérience inoubliable !

« Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remord pour le présent et une confiance inébranlable pour l’avenir. »

Jean Jaurès

Summary
Event
Une petite visite chez Lucien (récit de mon passage au Cook Master Barrière)
Location
Paris,
Starting on
11/08/2014
En route pour la finale !!!
La consécration : Prix d’Excellence du Relais Desserts meilleur blog pâtisserie 2015